Le Centrafrique , où avons nous échoué ?

Par défaut

Le Centrafrique est un pays de 4,5 millions d’habitants situé au centre de l’Afrique, encadré au nord par le Tchad, au Sud par la RDC, à l’Est par le Sud Soudan et à l’ouest par le Cameroun. Tout ces pays limitrophes à l’exception du Cameroun ont connu des crises politico-militaires d’une très grande ampleur dont ils portent encore la marque profonde aujourd’hui.

Depuis son indépendance, des dirigeants avec des politiques complètement tordues ce sont succédés sous le regard complaisant de la communauté internationale et surtout du peuple centrafricain je ne saurais dire pourquoi ni comment.

Il vaut vraiment la peine de prendre une minute pour citer les différents présidents qui ce sont succédés en Centrafrique ainsi que les conditions de leurs venues au pouvoir , afin de mieux cerner la gangrène qui ronge ce très beau pays aujourd’hui et de comprendre notre responsabilité entant qu’africains .

La première république :

David Dacko à la fois président et premier ministre (1960), succédé par Jean-Bedel Bokassa qui le renverse par un coup d’état (1966 à 1976) ; Bokassa 1er passé devant toute la planète maitre dans l’art du ridicule par sa démesure et sa folie des grandeur dans un pays qui ne suivait pas vraiment son rythme proclame l’empire Centrafricain (1976 à 1979)

La deuxième république :

David dacko (1979 à 1981) revient au pouvoir par coup d’état, remplacé ensuite par le Général André Kolingba qui instaurera pendant 10 ans un comité militaire de redressement.

La troisième république :

André Kolingba (1986 à 1993) par élection, Ange-Félix Patassé (1993 à 1995) par élection.

La quatrième république :

Ange-félix Patassé (1995)

La cinquième république :

François Bozizé (2003 à 2005) par coup d’état

La sixième république :

François Bozizé organise et remporte bien entendus des élections (2005 à 2013)

Renversé par Michel Djotodia qui fait un coup d’état et est encore en « fonction » à ce jour.

Cinq coups d’états pour seulement trois élections contestés bien évidemment et sept présidents qui se succèdent dans une culture du désordre qui témoigne de notre négligence du bien public nous peuple noir … il en faut peu pour réaliser l’origine réel de l’instabilité qui sévit dans le pays.

La Centrafrique n’a jamais vraiment connu une stabilité politique dans le long terme. Son histoire a été régulièrement soulignée de crises internes , de soulèvements ethniques, religieux, toute la gamme spéciale zizanie. Aujourd’hui la situation en Centrafrique peut être sans exagérer qualifiée de dramatique, chronique, en fait, la Centrafrique agonise sous nos regards indifférents…

<<Le problème est politique. Un problème de gouvernance d’un immense pays peu peuplé (moins de 5 millions d’habitants) qui est probablement, en Afrique francophone, celui dont le taux d’analphabétisme est le plus élevé. Trop pauvre, trop sous-développé, il n’a jamais connu un pouvoir digne de ce nom. >> LE POINT Publié le 10/12/2013

Affaiblie par cette gestion  » tribale  » de la nation pendant plusieurs générations, elle est complètement dépourvue de toute forme d’organisation et d’administration, dépourvue d’armée ( les militaires mal armés désorganisés et sans aucun sens de la république à cause de ces nombreux coups d’états, qui ont provoqué des prises de parti au seins de leur rang ) , de police et de gendarmerie .il n’y a plus aucune frontière de respectée ,de gouvernement légitime , juste des vies qui ne tiennent qu’à un bout d’espoir.

Les autorités centrafricaines actuelles, représentées par Michel Djotodia, soutenu par la rébellion musulmane et nordiste SéLéKA qui a consolidé son pouvoir, n’ont pas de reconnaissance à l’extérieur (la communauté internationale) et n’ont aucune légitimité à l’intérieur.

François Bozizé lui aussi aurait créé un groupe armé, les ANTI-BALAKA, une milice chrétienne qui rivalise dans la plus grande violence avec séléka et qui apparemment aurait un grand soutient de la population ( les sondages parlent de 80 %) . Il faudrait noter que Michel Djotodia fut l’ambassadeur de Centrafrique au Soudan sous Bozizé… et qu’il existe plusieurs raisons de croire en une implication du président Tchadien Idriss déby dans le problème centrafricain.

<<Le nord de la RCA, musulman, potentiellement riche (diamants, café, bois) n’a jamais vraiment été géré par Bangui. Il manque d’écoles, d’hôpitaux… Avec Michel Djotodia (il s’est lancé en politique il y a une vingtaine d’années), c’est la première fois qu’un homme du Nord est au pouvoir. Il porte un prénom chrétien, Michel, que lui a donné un de ses instituteurs chrétiens. Mais en famille on l’appelait Déya. C’est l’alliance (séléka en sango) de différents groupes ethniques du Nord qui lui a permis de s’installer au pouvoir par la force. Il n’entend pas le perdre et les musulmans du Nord voient en lui le président qui assure leur revanche. Le problème de la Centrafrique risque de s’avérer plus compliqué à régler que celui du Mali.>> LE POINT Publié le 10/12/2013

La mission de paix (opération Sangaris) sous l’initiative de l’Elysée suscite beaucoup de scepticisme de part et d’autres du pays et même du monde. Cette opération semble vouée à l’échec d’entrée de jeu. En effet, par où commencer à sécuriser un pays où se battent plusieurs groupes rebelles qui clament chacun sa légitimité sur l’autre, avec en plus une guerre civil et religieuse ? C’est un véritable guêpier. << Dans l’ensemble de la RCA, les ex-rebelles de la Séléka seraient autour de 20 000 hommes, un nombre important même si on estime que leur noyau dur ne dépasse pas 2 500. En fait, ces miliciens de la Séléka sont issus d’une coalition de groupes originaires du nord du pays (musulmans) renforcés par des Tchadiens, des Soudanais, des brigands et des coupeurs de route

À l’exception de ceux qui ont été intégrés par Djotodia dans son armée, ils ne répondent pas à un chef. Et pourront reprendre les armes dès que la France aura tourné le dos.>> LEPOINT Publié le 10/12/2013

La situation actuelle ne serait ce pas la conséquence directe de la mauvaise gestion et de la mentalité de tribalisme qui a été cultivée dans le pays pendant ces longues années ?

Il y a-t-il une véritable culture de la paix et une véritable notion de citoyenneté chez nous les Africains ?

Comprenons nous la valeur du bien public et rêvons nous de meilleurs jours pour les générations futur ?

Sommes nous même conscient que tout ce qui nous arrive n’a aucun ou presque pas de cause extérieur mais intérieur ?

Que pouvons nous faire pour changer les choses et faire que ce merveilleux pays qui a si peu d’habitant et autant de possibilité revienne sur les rails pour le bonheur de toute l’Afrique unie ?

Dans un même état nous avons des nordistes qui s’identifient à une rébellions qui pourtant viens de l’étranger, des sudistes qui participent au jeu de la haine en se réclamant du groupe rebelle anti-balaka, et quand ce sont pas ces deux groupes armés qui s’affrontent, ce sont des civils armés de machettes et autres moyens de bord. Des voisins d’hier deviennent en un clignement d’œil une source de pulsion meurtrière dans nos cœurs comme jamais on a pu imaginer. Au nom de quoi ? Dans quel but ? Pour promouvoir quoi? Quel avenir ? Nous ne sommes jamais entrain de parler d’une révolution que mène un peuple uni en vue de chasser un envahisseur ou pour leur liberté, mais de citoyens d’une même nation qui prêtent le flan à la destruction de leur pays.

L’armée Française est présentement officiellement en mission de pacification de la république centrafricaine (si on peut encore utiliser cette expression) ; et en attendant d’y voir plus clair, la simple présence Française en Centrafrique dit que ce pays est encore plein de ressource et qu’il y a de l’avenir , si seulement ces fils pouvaient réaliser que le vrai ennemi qui certainement ne se trouve pas à l’intérieur ,et marcher main dans la main pour construire avec ce qui restera de la république centrafricaine après l’opération Sangaris.

Exprès je ne citerai pas du tout le rôle de la France dans ce bourbier , pour la simple raison que mettre le blâme sur un étranger, c’Est donner du pouvoir à cet étranger quant à l’amélioration de notre sort à nous . Libre aux lecteurs de se documenter sur le rôle de la France dans cette crise comme dans toutes les autres crises en Afrique noir , mais cela serait sans grand intérêt car la faille me semble être à l’intérieur .

Des fils qui se chamaillent aux chevets d’une mère agonisante et qui par conséquent se voient dépossédés de leur héritage par des étrangers, voici là le drame de l’Afrique noir. Il n’y a aucun espoir de développement ou très peu, sans unité dans le travail et l’amour pour notre continent. Il faut prendre conscience que le tribalisme est une tare et tant que les africains ne seront pas d’accord entre eux , l’Afrique sera un tas de ruine qui continuera de crier famine, guerre, génocide, injustice, alors que nous marchons chaque jour sur un sol extrêmement riche …

centreafrique

Une réflexion sur “Le Centrafrique , où avons nous échoué ?

  1. Bazoumana Moutabazi

    Exprès je ne citerai pas du tout le rôle de la France dans ce bourbier » dis-tu, mais il est important de rappeler qu’au moment ou la France aurai du agir (quitte à se faire accuser de promouvoir la Francafrique), elle ne l’a pas fait. Dans ces conditions, il n’est pas à écarter « qu’elle aurait » eu un rôle, ne fusse-t-il obscur, dans la déstabilisation de la (du ?) Centrafrique. Mais cela n’est qu’une des (nombreuses) hypothèses promues par les partisans d’une théorie du complot. « Ils allument le feu, ils l’activent, et après ils viennent jouer au pompier », chantais l’autre.

    Les objectifs de la France dans le pays sont toujours flous. Car au delà « d’éviter un génocide », c’est une partie de la population qui se fait massacrer, les musulmans en particulier, mais la population dans son grand ensemble continue de souffrir de l’instabilité du pays. Aujourd’hui, une femme a été élue présidente (Ouai, grande nouvelle!!!). Quels sont les défis auxquels elle doit faire face? Tenter de rétablir un semblant de normalité, à travers un retour à la paix que, qu’on le veuille ou non, certains présidents (CES DICTATEURS) arrivaient à maintenir. Aucun doute que nos « cousins » les français (Dixit l’ex-président Bozizé), l’y aideront!

    Après tout, ne sont-ils pas tellement altruistes, au point de foncer tête baissée pour aider ces pauvres africains qui n’ont que faire de ce qu’ils appellent « DÉMOCRATIE »?

    Bazoumana Moutabazi

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s