NOS ANCÊTRES LES GAULOIS

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http://afritorial.com/the-modern-kings-of-africa/

Sans vouloir commencer par une affirmation qui donnerait lieu à plusieurs autres polémiques et mal entendus , je crois dire à  juste titre que notre système éducatif et notre société ne reflète en rien notre connaissance de nous même , ainsi qu’une auto acceptation de ce que signifie vraiment être Africain .

Oui,  des amis m’ont souvent dit avec conviction ceci : <<nous sommes tellement loin de l’histoire . D’ailleurs , quel intérêt? nous sommes dans un village planétaire et il n’y a aucune raison pour que nous soyons constamment à cheval sur la conservation de nos cultures Africaines . Aujourd’hui c’est la technologie , réveil toi nous ne sommes plus au moyen-age >> mais curieusement nous sommes les seuls villageois de ce village planétaire qui avons oublié qui nous sommes et qui ne perpétrons plus un minimum notre culture . On va pour certain jusqu’à la diaboliser , la marginaliser … nous désirons au maximum nous accommoder , nous identifier aux CIVILISÉS . CIVILISÉS ,  une expression bien reprise hors contexte parce que pour nous cela veut dire tout simplement : les peuples évolués technologiquement (EUROPÉEN AMÉRICAIN …bref , les autres mais pas nous . ) .  Il y a aussi cette expression CIVILISER LES PEUPLES SAUVAGES .  qui a longtemps été utilisé dans le mauvais sens , car , le simple fait de dire CIVILISER tel ou tel autre sous entend que cette personne n’a pas de civilisation propre à elle et qu’il faut lui en donner une . En fait , c’est le deuxième degré de la définition du verbe CIVILISER . cette deuxième appréciation de ce terme se rapproche donc plus de :ASSIMILER , RENDRE COMME NOUS , APPRIVOISER ….

IL est vrai qu’il existe par exemple en Côte d’ivoire , plusieurs cultures différentes et dont certaines sont entrain de mourir et de disparaître parce que les coupables , nous , la jeune génération , ne nous portons pas garant de cette culture . des langues disparaissent et meurent  parce que nous les jeunes ivoiriens , n’en avons que faire de nos langues maternels . Même si la plupart des ivoiriens que je connais parlent Anglais et Français au moins, très peu parlent leur langue et je m’inclus dans le lot . Nous n’avons pas appris à valoriser ce qui est à nous . La faute à qui ? NOTRE SYSTÈME ÉDUCATIF COMPLÈTEMENT ET PROFONDÉMENT OCCIDENTAL .

La dernière fois où j’ai appris quelque chose du continent Africain et de la côte d’ivoire en général , j’avais seulement 9 ans et je quittais les cours primaires pour aller au collège . nous avons lu pas mal de choses qui n’Avaient rien à voir avec nous . Très jeunes , privés de cette proximité avec nos racines ; à quelques petites exceptions de ces 2 ou 3 héros Africains et de ces 2 ou 3 Empires dont on a bien voulu nous compter l’histoire dans le système académique Ivoirien , nous n’avons rien appris de l’Afrique noir . Je me souviens encore que la chose qui a pris le plus de temps dans le programme c’était LA COLONISATION .  oui oui oui , curieusement on a passé pas mal de temps à nous en parler . il y avait même cette partie que j’oublierai jamais : LES AVANTAGES DE LA COLONISATION . c’était déjà tout fait, tout écrit , paré pour que des professeurs nous l’enseignent au plus jeune âge . Le but était-il de marquer nos esprits , et nous transmettre carrément une fierté d’être un peuple colonisé par un autre ? Nous sommes fiers d’être colonisés et civilisés par vous , tellement fiers que nous rejetons volontairement tout ce qui est de nous pour embrasser tout ce qui vient de vous . Le but de cette éducation coloniale atteint : les couper de leurs racines , pour qu’ils embrassent la notre )

Soyons clairs chers amis lecteurs, il ne s’agit pas ici de combattre la colonisation , où de venir donner un avis quelconque en ce qui concerne les actes de barbaries commis dans cette période et les conséquences psychologiques de ces actes au cours de l’histoire. Toutes les cultures ont connu des périodes où il y avait des plus forts et des plus faibles et dépendamment de ce facteur , certains ont été soumis par d’autres et exploités . c’Est la loi de la jungle dans laquelle nous nous trouvons et là n’est pas du tout la question . la question est la suivante : POURQUOI N’APPRENONS NOUS PAS ASSEZ NOTRE PROPRE HISTOIRE , NOTRE PROPRE CULTURE, NOS COUTUMES , NOS PROVERBES, NOTRE PHILOSOPHIE , UN PEU NOS LANGUES  à l’école ?

Oui j’accuse notre système éducatif d’être un système mis au point pour former de bon nègres et de bon esclaves . Pourquoi ? parce que c’Est exactement le même système qu’à l’époque colonial, mis en place pour éduquer (dresser) les nègres de maison ( ces nègres promus au rang de proches du maître . qui travaillent non pas dans le champ mais dans sa cuisine , et qui nourrissent ses enfants . Le nègre domestiqué et digne de confiance ). Le même système qui forme ces millions de jeunes ivoiriens qui étudient ici et ailleurs .Un système qui ne répond pas aux besoins sociaux et aux réalités de la côte d’ivoire , mais qui répond à une règle aussi simple que  :  RESSEMBLER LE PLUS POSSIBLE À LA MÉTROPOLE .un système qui ne forment pas des gens qui pensent pour eux même et qui sont fiers de leurs racines, un système d’assimilés . En effet, à l’époque coloniale , on enseignait aux indigène le fameux : <<NOS ANCÊTRES LES GAULOIS >>.  les pauvres aimaient la France avec leurs âmes . ils se sentaient fils de la France, il ont même combattu pendant les deux guerres avec à l’esprit de défendre leur mère patrie , pour réaliser à leurs vieux jours que tout cela n’était qu’un leurre et qu’ils ne seront jamais autre  que des Africains ,et que la seule reconnaissance qu’ils auront ,c’Est celle de l’Afrique et non celle de la France. la France a déjà beaucoup d’enfants, pas nécessaire d’en adopter encore .

Bon , je me considère chanceux . Oui j’ai eu de la chance d’avoir un excellent professeur de Français au lycée (collège l’ardoise )  , Mr Koné Paul . ce monsieur a fait pour moi en 2 ans ce que le système n’aurait jamais réussi en 6 ans de collège et lycée . Bien sur nous étudions en plus grande partie  des œuvres Françaises et des auteurs français contemporains:  Baudelaire (fleurs du mal ) , molière, Hugo, Gustave flaubert …( comme si ça suffisait pas de n’apprendre que les histoires des autres en cours d’histoire ).  Mr Koné Paul a posé un acte qui a changé ma vie et celles de quelques de mes compagnons de classe : décider de nous faire lire plus d’œuvres africaines : CHEICK ANTA DIOP ( l’unité culturel de l’Afrique Noire)  , AMADOU KOUROUMA (les soleils des indépendances) , AKE LOBA (Kocumbo l’étudiant noir ) , VÉRONIQUE TADJO (à vol d’oiseau)  , MARIAMA BÂ (une si longue lettre) , (la grève des battus ) de AMINATA SOW FALL , FERDINAND OYONO ( le vieux nègre et la médaille) , AMADOU HAMPATÉ BÂ ( l’étrange destin de wangrin) ,CHINUA ACHEBE ( le monde s’effondre ) DIBRIL TAMSIR NIANE ( Soudjata keita ou l’épopée mandingue )   …Ces ouvrages aussi riches les uns que les autres, ont participé à équilibrer un grand nombre de questions dans nos esprits ( pour le peu de gens qui se posaient des questions existentielles ) , et ainsi participer à nous réconcilier avec ce que nous avons été , ce que nous sommes aujourd’hui et ce à quoi nous aspirons vraiment pour l’avenir. Grâce à cette initiative personnelle de nous faire lire en cours de soutien les mercredi au lycée , il a participé à nous enrichir de valeurs et d’une fierté que le système éducatif ivoirien aurait pas pu nous transmettre. Nous pouvions presque tous aisément compter l’histoire de la France (l’histoire que nous maîtrisons le plus et d’ailleurs beaucoup plus que les jeunes français) , de l’Amérique et de l’Angleterre, du japon et de la chine , mais incapable de véritablement représenter nos pays . la seule chose que je savais de la côte d’ivoire avant de lire sur l’Afrique , hors mis la fameuse princesse Akan ABLA POKOU c’était la date de l’indépendance et quelques petites choses toutes reliées directement ou indirectement  à la France.

En côte d’ivoire il y a encore plusieurs étudiants qui étudient l’histoire à l’université . les pauvres vont jusqu’au Doctorat , mais il y a pas la moindre initiative de la part des gouvernants de changer le programme d’histoire en côte d’ivoire pour faire comme les autres pays et s’intéresser à notre histoire et à nos racines considérant que  c’Est un gage d’équilibre émotionnel pour les jeunes Africains qui ma parole sont de plus en plus perdus et dispersés .

je crois fermement que le développement de l’Afrique en général et de la côte d’ivoire en particulier , viendra quand nous nous réconcilierons avec nos racines. il y a beaucoup de choses qui changeraient dans la société ( coups d’états , haines inter communautaires menant à des génocides et autres stupidités inutiles et stériles …, corruptions , tribalisme, politique discriminatoires, et autres divisions  )   quand nous apprendrons les valeurs africaines à l’école. Quand cela sera fait , on pourra fièrement apprendre les autres cultures et s’en enrichir , mais jusque là , nous nous appauvrissons en apprenant chez les autres , ce que nous ignorons chez nous .

merci de visiter le blog de mon ami Joel Nandjui : pour apprendre des choses intéressantes sur l’Afrique noire , des choses qu’on n’apprend pas à l’école .

http://ayidjrin-ka-aba.blog4ever.com/notre-histoire-secrit

Thanks for reading .

Eliezer AKE

 

3 réflexions sur “NOS ANCÊTRES LES GAULOIS

  1. Ange Alain

    Commentaire: Une chose est de féliciter l’auteur d’une recherche ou d’un exposer très bien rédiger, mais une autre en est de défendre ardemment une cause noble, qui se veut bénéficiaire et renforçatrice de toute l’identité culturelle d’un peuple,en l’occurrence celle des Africains.. En effet, le colon dans son désir de vouloir apprivoiser, domestiquer, cadenasser le noir, a d’abord jugé bon de s’attaquer a son esprit ou du moins ( à celui de son État enfant),  » le conditionnant ainsi à renier ses traditions et ses rites jugés rétrogrades, par leur religion dite salvatrice. ils ont réussi par la présente action à nous cacher au travers de leur ministère de l’éducation dans son obscurantisme le plus absolue, ses vaillants héros Africains qui se sont dressé face a l’invasion intruse, par les exploits de leur pères les gaulois. l’exemple de chaka en est une illustration parfaite » … Excusez moi, si je l’utilise ici pour justifier mon assertion, mais, le philosophe piaget pouvait dire que les stades pré-opératoire et les opérations concrète dans le développement de l’intelligence de l’enfant en une personne normal (dite civilisée) pourrais être modeler selon le vouloir de sa parenté dans la tranche d’age avoisinant les 2 à 11 ans.. De ce fait, je termine mes propos pour dire que les prémices de ce système colonial, sont ceux la même qui ont été a charge de l’éducation de la nouvelle génération c’est a dire nous, d’où le fait de toujours psalmodier leur père par affiliation dans les différents ouvrages scolaire, au délaissement de nos us, nos histoires, nos technologies

  2. Khadidjah

    L’Africain à qui l’on enseigne un système de valeurs chez lui, et qui dès six ans (ou moins) se retrouve soumis à un autre système de valeurs en fréquentant les bancs (mais aussi les cours) d’écoles, verra certainement se produire un court-circuit cérébral. On lui enseigne des choses qu’on pose comme vraies, dans lesquelles il ne se retrouve pas. Les options qui lui sont offertes sont soit l’assimilation, soit le rejet.
    Je vais illustrer mon propos avec le cas des jeunes européens d’origine africaine, qui m’est plus familier. Le phénomène est d’autant plus patent que la société dans son ensemble rejette une grande partie de ce qu’ils sont. Un enfant se retrouve à jongler entre deux identités, l’une « blanche », qui fait bonne figure à l’extérieur, mais qu’il est conscient de ne pas porter totalement, ni en se regardant dans le miroir, ni à travers le regard des autres, l’autre « noire », qui lui est chère car c’est tout ce que ses parents ont pu lui transmettre de ce qu’il est vraiment, mais dont l’essentiel lui échappe : langue, conventions sociales, histoire, fondements, culture, philosophie, etc. D’où des jeunes « perdus et dispersés ».
    Je n’irai pas plus loin car tel n’est pas l’objet du propos même si les conséquences, localement, sont lourdes, néanmoins, à travers cet exemple est posée l’importance d’instruire les élèves sur ce qu’ils sont vraiment, comme le souligne très bien ce post, sans quoi le risque est de voir fomenter les esprits récalcitrants et belligérants qui pullulent déjà dans le Tiers-Monde et le Quart-Monde.

    « Nous sommes tellement loin de l’histoire. D’ailleurs, quel intérêt? nous sommes dans un village planétaire et il n’y a aucune raison pour que nous soyons constamment à cheval sur la conservation de nos cultures Africaines »
    Il faut savoir qu’à toute phase d’uniformisation imposée a succédé un mouvement de réaction avec pour vocation la défense et la préservation des spécificités de l’identité dénigrée. L’exemple le plus proche qui me vient est celui des communautés autonomes d’Espagne qui au sortir de la dictature franquiste se sont renforcées au point d’aboutir pour certaines à la formation de factions terroristes armées revendiquant l’indépendance.
    Dans une Afrique déjà indépendante depuis plus de 50 ans en moyenne (officiellement du moins) mais où l’endoctrinement s’est opéré sur une période beaucoup plus longue (d’où, sans doute, cet enracinement), la prise de conscience est un premier pas, la diffusion le second. Et je salue l’initiative de ce professeur qui vous a invités à lire des œuvres d’auteurs africains, ayant pour cadre de référence une Afrique authentique et non celle dépréciée par le regard de l’Européen chantant les louanges de la civilisation (dont il ignore par ailleurs, sciemment ou bêtement, le sens véritable). Grâce à lui (et à d’autres sans doutes), des gens comme toi proposent leurs réflexions, et grâce à toi peut-être, une nouvelle génération naîtra avec le regard et le verbe encore plus aiguisés, pour réconcilier l’Afrique avec elle-même et l’extraire de l’avauglement dans lequel certains veulent la maintenir.

    Belle réflexion, merci.

  3. Vanessa

    Wow ! 2 ans déjà que cet article a été publié nous et sommes aujourdhui le 9 Mai 2016. J’ai l’impression qu’il a été écrit hier tellement le sujet est d’actualité. De plus en plus de jeunes Africains / afrodescendants sont « enragés » de connaître leur « vraie » histoire. Je suis contente de lire cet article, je sens que dans les années à venir beaucoup de choses vont changer, il reste certes, encore du travail à faire dans cette re-conquête de notre identité africaine, mais je suis optimiste!

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