Philosophie : Ce qui dépend de vous !

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Under The Fire of Courage, est l’histoire de James Bond Stockdale; son histoire de prisonnier de guerre au Vietnam. Le 9 septembre 1965, Stockdale est fait captif après le crash de son avion de combat, et fait prisonnier à Hoa Lo sept années durants . Stockdale explique comment il s’est dissocié de la torture , de la peur , de la souffrance psychologique, la douleur , En se faisant philosophe de sa propre cause . En quoi la pratique de la philosophie peut-elle nous élever au dessus de la peur ?

James Bond Stockdale s’est initié à la philosophie pendant ses études à l’Université de Stanford. Il a été influencé par les penseurs comme Job, Socrate, Aristote, Kant et Épictète. De tout ces philosophes , il avait un intérêt particulier pour Épictète et son ouvrage intitulé Enchiridion. La pensée d’Épictète se résume en ces termes : Se focaliser sur les choses qui dépendent de nous , et négliger celles qui ne dépendent pas de nous.

Stockdale, fidèle lecteur d’Épictète et a toujours gardé à proximité , dans son avion ,des ouvrages d’Épictète qu’il lisait régulièrement . Le 9 septembre 1965 son avion est touché par un anti-aérien Vietnamien et il est forcé de s’éjecter. Alors qu’il se rapprochait du sol , donc de l’ennemis, il lui restait que 30 secondes pour se préparer mentalement à ce qu’il allait subir . Les Stoïciens avaient deux approches philosophiques principales . La première étant de s’occuper des choses qui sont sous mon contrôle . Mes opinions, mes états d’âmes , mon jugement etc1. La deuxième est que les choses qui sont externes à moi et que sur lesquels je n’ai pas le contrôle , produisent la peur et l’anxiété .2

Stockdale se disait intérieurement : « je serai là pour au moins 5 ans; je fais mes adieux au monde de la technologie et rentre dans le monde d’Épictète ».3Cette application pratique de sa vie découle d’une notion d’Épictète : « quand la catastrophe aura eu lieu, je m’y serai préparé »4. Dans son cas, James Stockdale, a accepté son sors de prisonnier avant même d’atterrir . Il n’avait pas de contrôle sur le déroulement des choses puisque cela ne dépend pas de lui et selon Épictète, « Ne cherche pas à faire que les événements arrivent comme tu veux, mais veuille les événements comme ils arrivent, et le cours de ta vie sera heureux »5. Il était confronté à un combat contre lui même. Conscient qu’il subirait la torture , les insultes, l’humiliation et peut être même la mort , il avait pris le soins de l’accepter et de jouer à la perfection son nouveau rôle. Un prisonnier inébranlable , un prisonnier dont on pourra disposer du corps mais jamais de l’esprit libéré par la pensée philosophique d’Épictète . Il prenait ainsi le contrôle de la situation et l’ascendant sur les futurs bourreaux . La peur ne fait pas partie de nous. Nous avons l’option de l’intégrer à notre mode de pensé . On ne nait pas avec la peur , on y est conditionné « ce n’est pas qu’on a peur de la mort, mais c’est le jugement que l’on fait envers ce sujet »6 On peut donc choisir de quoi nous avons peur et pourquoi. Si on reste conscient de nos émotions , on peut contrôler le processus et l’anticiper , comme l’a fait Stockdale.

Stockdale en sa qualité de supérieur hiérarchique de ses codétenus , il se mettait à leur service , pour les guider dans cette épreuve terrifiante de prisonnier de guerre . Le capitaine nous fait parvenir un code que tous les soldats américains doivent suivre, soit l’US « Unity over self »7. Cela signifie qu’un soldat n’a pas le droit de négocier pour sa propre liberté, mais seulement négocier pour la liberté de tous les prisonniers. On peut comparer ce code au cosmos stoïcien, qu’Épictète définit comme un «modèle de conduites pour tout homme dans un monde harmonieux où chacun a un rôle qu’il doit accepter»8. Stockdale essayait tant bien que mal de maintenir un ordre au sein de la communauté de prisonnier en les aidant à accepter la situation et à mieux vivre leur condition de prisonnier . Il était parfois difficile d’éduquer les jeunes prisonniers qui perdaient pieds face à la peur de la mort et détruisait l’ordre du « US »9. La liberté selon Épictète : « les hommes ne sont plus libres d’accepter ou de refuser les lots qu’ils reçoivent de la part du destin, un rôle imposé par l’auteur du drame du monde »10.

Stockdale a parlé à propos de l’importance que le plus grand défi n’est pas la douleur physique, mais plutôt le sentiment de peur et de culpabilité. En effet la douleur physique n’est pas contrôlable puisqu’il est externe à nous. Contrairement à ce dernier, le sentiment de la peur et de la culpabilité peut être contrôlé par soi, donc c’est nous qui avons le pouvoir de décider si nous avons peur de telles affaires ou si nous nous sentons coupables de telles autres affaires par la manière que nous percevons les choses. Si on ne contrôle pas ces derniers, cela peut affecter quelqu’un au long terme puisqu’il va détruire la force de volonté (Stockdale, 1993). Selon Épictète, « les accidents pénibles qui peuvent arriver à notre corps ne peuvent affecter ce que nous sommes essentiellement : notre choix de vie » (Arrien, Hadot, 2000). Ensuite, il relève un exemple dans son livre qui résume bien la santé de James Bond Stockdale en disant « la claudication est une gêne pour la jambe, mais pas pour son choix de vie » (Arrien, Hadot, 2000).

Après son expérience en Vietnam, Stockdale s’est fait demander, par un homme appelé James C. Collins lui a posé la question cruciale suivante : « c’est qui les gens qui n’ont pas survécu au Vietnam? » James Bond Stockdale lui répondit : « cette question est facile! Ce sont ceux qu’étaient optimistes»11. Par exemple, les gardiens nous disaient que nous allions sortir pour Noël, ensuite pour Pâques, l’Action de grâce, etc. Les optimistes sont morts avec le cœur brisé »12. Cela relie la doctrine d’Épictète « Espérer un peu moins, aimer un peu plus ».13 Cela signifie qu’il faut apprendre à vivre comme si l’instant le plus important de ta vie était celui que tu vis en ce moment même, et les personnes qui comptent le plus, celle qui font face de toi, car le reste n’existe, le passé n’étant plus et l’avenir pas encore. C’est-à-dire, qu’il faut éviter les deux grands maux de la philosophie, soit le poids du passé et le mirage de l’avenir. Si nous vivons avec des regrets ou nous nous craignons de l’avenir, nous allons ne pas être heureux et cela ne te permettra pas de vivre dans le présent.

René O.

Prise de position

Il apparaît très clairement que la formation philosophique a sauvé la vie et l’esprit de Stockdale pendant son incarcération , livré aux mains de ses ennemis. Stockdale a accepté la prison physique qui ne dépendait plus de lui à la seconde où il a éjecté son siège de son avion en feu . Il a cependant résisté en gardant son intégrité d’esprit. Il avait juste livré son corps mais il avait combattu la prison mentale. Finalement c’est une victoire d’un homme par l’élévation de son esprit et la philosophie y est pour beaucoup. Cela montre encore à quel point il est important que tout les hommes soient éduqués à la philosophie, même les hommes d’armes , pour faire un monde meilleur.

« espérée un peu moins, aimer un peu plus » Stockdale n’avait pas d’attente trop élevée. Il ne se jugeait pas durement et il ne se méprisait pas pour n’avoir pas anticipé tel ou tel chose. Il se contentait de donner ce qu’il pouvait et de n’espérer que ce qu’il pouvait réaliser à son niveau. Son espérance était limitée et ses craintes estompée par la croyance qu’elle ne sont qu’une représentation , un choix , une décision , un conditionnement auquel on décide de se soumettre (conscient ou inconscient ) . Il ne s’est pas attaché à un espoir de libération qui dépendait que de ses bourreaux , ou d’une éventuelle fin de la guerre , ou encore d’un autre miracle complètement fantastique .Il s’est contenté d’être le meilleur prisonnier possible , tout en gardant le contrôle sur les choses qui dépendent de lui. Nos attentes trop élevées sont les racines de grandes frustrations et du mal être émotionnel. Nous nous inquiétons de ce qui ne dépendant pas de nous et nous exigeons des autres les conditions de notre bien être . Nous livrons donc notre sors aux choses et aux personnes qui sont extérieures à nous. Chaque fois que nous disciplinons notre esprit à agir de la sorte , nous perdons le pouvoir sur notre vie et de ce fait le donnons aux autres.

La relation qu’avait Stockdale avec la peur était quelque chose de très grand. Il ne se laissait pas diriger par une peur qui lui était suggérée . Il choisissait sa peur .Il soumettait la peur . Il était le prisonnier tout en restant le seul vrai geôlier de son esprit; inaccessible à ces geôliers vietnamiens qui ne pouvaient toucher à son esprit très élevé . C’est vraiment impressionnant comment la philosophie peut conditionner une personne à vivre les situations les plus extrêmes . Ce pouvoir me semble très sous-estimé . Je pense qu’il n’y croyait pas forcément jusqu’à ce qu’il réalise qu’il approchait le sol et allait se faire accueillir par un comité très peu accueillant . En ce moment il n’avait pas le choix de tester la puissance des écrits qu’il a intégré dans sa culture. Il a choisis de ne pas avoir peur , et il a même été libérée de la peur de la mort. Il a choisis de vivre le moment présent et il n’a pas été exposé à la frustration du désespoir. Il a réduit ses attentes et il n’a pas eu le cœur brisé.

Écrire sur le grand esprit de James Bond Stockdale m’a fait pensé à la légende Africaine : Nelson Mandela. Après 28 ans de prison, il est sorti non pas brisé , mais conquérant. Cet homme n’a jamais vraiment été en prison, il était juste derrière des barres d’acier. Les prisonniers étaient de l’autre côté de la barre et il se préparait à régner sur eux …Son esprit a continué la lutte en laquelle il croyait , son coeur n’était pas amer et son esprit n’était pas amoindrit . Il avait gagné le respect de ses geôliers , il les avait vaincus avec le sourire. Son cauchemars lui a valut les plus grands honneurs…Il est resté au contrôle de sa situation et de son coeur.

Nelson mandela free man

Eliezer A.

Conclusion

La philosophie est pratique . Elle ouvre l’esprit et grandit l’être qui l’étudie. Elle intègre tout les aspects de la vie humaine et devrait avoir une place plus importante non seulement dans la formation académique mais aussi dans la vie au quotidien .

1Stockdale, James (1993) Under the Courage of fire, Testing Epictetus’s Doctrines in a Laboratory of Human behavior, p.7

2Ibid p.7

3Ibid p.7

4Ferry, Luc (2009) Apprendre à vivre , édition Flammarion, p.65

5Hadot, Pierre (2000) Manuel D’Épictète, édition Librairie générale Française, p.169

6Ibid p.167

7Stockdale, James (1993) Under the Courage of fire, Testing Epictetus’s Doctrines in a Laboratory of Human behavior, p.15

8Ferry, Luc (2009) Apprendre à vivre, édition Flammarion, p.38

9Stockdale, James (1993) Under the Courage of fire, Testing Epictetus’s Doctrines in a Laboratory of Human behavior, p.11-12

10Hadot, Pierre (2000) Manuel D’Épictète, édition Librairie générale Française, p.173

11Kraus, Joe, (2005), the Stockdale paradox, Venchar, récupéré le 5 avril 2015

12Ibid

13Ferry, Luc (2009) Apprendre à vivre, édition Flammarion, p.58

René Omolosanga et Eliezer AKE

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