La dissonance Cognitive

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        La dissonance cognitive est un des concepts clés dans le domaine de psychosociologie de la communication de masse, car il est très difficile de faire changer d’opinion un individu qui porte déjà des croyances sur une question donnée.  La théorie de la dissonance cognitive a été amenée pour la première fois par Léon Festinger, professeur de psychologie sociale. En 1934, un séisme de très haute magnitude avait frappé une région du Népal. Après ce séisme, une rumeur est partie d’un village longtemps coupé de l’extérieur. Selon la rumeur, il y aurait une imminente réplique sismique encore plus terrible que la précédente. Cette rumeur a duré si longtemps qu’elle est devenue une réalité indéniable dans l’esprit de ceux qui l’entendaient et même dans leur préparation à l’hypothétique séisme. Festinger, financé par une association de recherche a étudié cet évènement, notamment le mécanisme psychologique derrière la réaction de ceux qui ont cru à l’histoire. Il en conclut que les êtres humains recherchent au fond d’eux un équilibre entre leurs croyances et l’extérieur,  que cela soit rationnel ou non. « Selon eux, suite à la survenue du séisme, les membres de la communauté auraient eu besoin d’informations sur les répliques potentielles de ce séisme afin de maîtriser leur environnement. Anxieux, sans que cela soit a priori justifié (du fait du manque d’informations), les membres de la communauté auraient développé une stratégie visant à réduire et justifier leur anxiété : donner de l’importance à des rumeurs allant dans le sens de la survenue d’une nouvelle catastrophe. Ainsi, l’individu rend son univers cohérent en trouvant des explications à son anxiété » (Influence, engagement et dissonance) dans cette tentative de créer ce lien solide, quelques mythes vont cohabiter avec des réalités qui leur sont absolument opposées.  Pour simplifier davantage la question, on pourrait prendre l’exemple de l’alcoolisme. Face à son attitude de consommation autodestructrice, l’alcoolique va avoir plusieurs réactions. La première pourrait être le sentiment de culpabilité naturel qui vient avec la conscience des dangers et renoncer à l’alcool en prenant des actions radicales comme la thérapie par exemple. La deuxième pourrait être de justifier son attitude en minimisant le problème par des euphémismes « ce n’est pas bien grave quand il s’agit de quelques verres en passant ». La troisième forme pourrait être de rechercher le confort dans le nombre. Par exemple, l’alcoolique va tenter tant bien que mal de normaliser son attitude dans le nombre. Il va donc s’associer à un grand nombre de personnes qui partagent son point de vue afin d’échapper un peu à sa réalité. Il aura réussi à établir un équilibre entre une réaction qui crée chez lui une grande culpabilité en la normalisant par des nouveaux mythes. Il est important de préciser que l’action est généralement aussi inconsciente que la respiration.

          Une étude a été faite avec des étudiants du Wisconsin sur un thème « ’mercy killing »’. Les participants ont été exposés à un discours sur ce thème supposément donné par un expert. Les différents individus ont eu des réactions qui ont été observées dans leurs interactions avec le groupe. Certains se sont approprié complètement le discours (ils étaient à l’extrême droite en quelque sorte). D’autres étaient modérés et donc sensibles aux opinions des différents membres des groupes. Et les consonants à l’opposé des dissonants. Il a été observé que le groupe qui avait été classifié « ’extrêmement dissonant »’ avait du mal à adhérer ou considérer les autres opinions et recherchait la compagnie d’autres dissonants  pour renforcer leur confort. Tout ceci de façon tout à fait innocente et non préméditée. (Berkowitz, 1965)

      Les personnes qui ont été conditionnées l’ont été dans des groupes. Ce qui les rapproche c’est leurs convictions. L’association des personnes n’est en fait rien d’autre que l’association de leurs valeurs communes dans un environnement confortable qui leur convient. On peut donc dire qu’il n’est pas du tout impossible d’utiliser la dissonance pour communiquer efficacement un message. La dissonance peut être un obstacle à la communication, mais aussi une opportunité de communication selon la posture d’où on l’observe.

          Nul n’échappe vraiment à la dissonance cognitive;  mais à des degrés différents, nous avons des approches émotionnelles et cognitives variées selon notre niveau de dissonance. La dissonance cognitive étant par définition acquise peut être influencée dans un contexte de groupe ou individuellement. Un moyen de rester sobre dans notre opinion serait donc de rester ouvert aux opinions des autres. Si mon opinion n’est pas confrontée par une vérité extérieure opposée, nous en limitons l’impacte.

Merci d’avoir lu !

 

Biblio et liens utiles :

Cognitive Dissonance and Communication Preferences
Berkowitz, Leonard
Human Relations, 1965, Vol.18(4), pp.361-372 [Revue évaluée par les pairs]peer_reviewed
https://journals-scholarsportal-info.proxy.bib.uottawa.ca/details/00187267/v18i0004/361_cdacp.xml

Sharing cognitive dissonance as a way to reach social harmony
Dessalles, Jean-Louis
Social science information, Mar 2011, Vol.50(1), pp.116-127 [Revue évaluée par les pairs]
peer_reviewed
https://journals-scholarsportal-info.proxy.bib.uottawa.ca/details/05390184/v50i0001/116_scdaawtrsh.xml?q=Sharing+cognitive+dissonance+as+a+way+to+reach+social+harmony&search_in=anywhere&date_from=&date_to=&sort=relevance&sub=

Influence, engagement et dissonance. (n.d.). Retrieved from Psychologie sociale: https://www.psychologie-sociale.com/index.php/fr/theories/influence/6-la-theorie-de-la-dissonance-cognitive 

 

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